- Flexibilité: 63% des organisations misent sur une main-d’œuvre flexible (intérimaires, indépendants) pour pallier le manque de compétences en IA.
- Concurrence entre secteurs: les entreprises extérieures au secteur technologique proposent des salaires plus élevés pour attirer les talents informatiques. Dans la santé, l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies, les rémunérations peuvent être jusqu’à 17% plus élevées que dans le secteur technologique.
- Pénurie de compétences clés: six employeurs sur dix (61%) éprouvent plus de difficultés à recruter des talents dotés de compétences en communication et en gestion des parties prenantes que des profils aux seules compétences techniques. Dans le même temps, la demande de compétences en gestion des risques a plus que doublé (+108%).
- Inégalités entre hommes et femmes: les femmes ne représentent qu’un tiers des professionnels possédant des compétences en IA. Un constat qui souligne l’ampleur du défi en matière d’égalité des chances sur un marché du travail en pleine mutation.
L’IA ne remplace pas les informaticiens: elle stimule au contraire la demande. Près de neuf organisations sur dix (86%) renforcent leurs équipes IT. C'est ce qui ressort de la dernière étude internationale de Randstad, intitulée ‘tech talent in transition: building the AI-ready workforce’. Pour disposer des compétences nécessaires, les entreprises combinent trois approches: recruter de nouveaux collaborateurs (buy), former leur personnel (build) et faire appel à des talents externes en fonction de leurs besoins (borrow).
recrutement (buy): la guerre des talents ne se limite plus aux géants de la tech
La demande mondiale de compétences en IA explose. En un an, le nombre d'offres d'emploi exigeant ces compétences a plus que quintuplé. Pour attirer les talents, les entreprises extérieures au secteur informatique n'hésitent plus à proposer des salaires supérieurs à ceux des acteurs traditionnels. En moyenne, les banques rémunèrent ainsi les ingénieurs logiciels 13% de plus. Dans la santé, l'industrie pharmaceutique et les biotechnologies, cet écart atteint même 17%. Cette concurrence stimule les recrutements: plus de la moitié des entreprises extérieures au secteur technologique (55%) engagent des professionnels devenus disponibles à la suite de restructurations dans l’IT.
formation (build): les compétences en orchestration et en gouvernance de l’IA sont les plus recherchées
À mesure que l'IA automatise les tâches répétitives, les difficultés de recrutement se déplacent vers les fonctions chargées de coordonner et de superviser son utilisation. Plus de six employeurs sur dix (61%) jugent plus difficile de trouver des talents dotés de compétences humaines, comme l’esprit critique et la communication, que des profils possédant des compétences techniques.
La pression s’exerce surtout dans le domaine de la gouvernance des risques (risk governance). En un an, la demande de ces compétences a plus que doublé (+108%), tandis que l’offre de talents n'a progressé que de 68%.
Pour répondre à ces besoins croissants, la réduction des inégalités entre hommes et femmes constitue également une priorité. Elle est essentielle à une croissance durable. Aujourd'hui, les femmes ne représentent que 31% des professionnels possédant des compétences en IA et 36% de ceux disposant de compétences technologiques.
recours aux talents externes (borrow): la flexibilité pour combler la pénurie de compétences en IA
Pour remédier au manque de compétences en IA, plus de six organisations sur dix (63%) privilégient le recours à des talents externes, notamment des travailleurs temporaires et des indépendants. Parmi ces entreprises, 92% utilisent des plateformes de recrutement en ligne qui mettent directement les employeurs en relation avec des professionnels qualifiés. Pour 42% d'entre elles, ces plateformes constituent même le principal canal de recrutement.
Par ailleurs, plus d'un tiers des organisations (35%) comptent miser, au cours des deux prochaines années, sur des pôles régionaux situés dans des pays proches (nearshoring) pour attirer des talents spécialisés en IA.
L'IA ne va pas remplacer les professionnels de l'informatique, mais transformer leur rôle. Les employeurs recherchent des personnes capables d'exploiter l'IA dès leur premier jour de travail. Ils ont aussi besoin de professionnels dotés de discernement, de compétences en communication et en gouvernance pour obtenir des résultats concrets grâce à l'IA. C'est aujourd'hui cette combinaison de compétences qui est la plus difficile à trouver.
Aucun modèle de recrutement ne permettra, à lui seul, de combler ce fossé. Les organisations qui prendront une longueur d’avance adopteront une approche globale : recruter des collaborateurs possédant les bonnes compétences (buy), faire appel à des spécialistes externes au moment où elles en ont besoin (borrow) et investir dans la formation de leur personnel (build). Elles ne peuvent pas se permettre de se priver de la moitié du vivier de talents. Réduire le déséquilibre entre hommes et femmes en matière de compétences en IA doit devenir une priorité si elles veulent assurer une croissance durable.