pascal-meyns
pascal-meyns

Le 28 avril est la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (World Day for Safety and Health at Work). Les temps changent énormément, que ce soit pour vous en tant qu’employeur ou pour vos travailleurs. 

Vos travailleurs se plaignent aussi de maux de dos parce qu’ils adoptent une mauvaise posture en télétravail? Nous avons demandé quelques conseils à Pascal Meyns, Safety Manager chez Randstad, sur la manière d’assurer un cadre de travail sûr et sain.
 

zozitdat-turqouise
zozitdat-turqouise

relever les défis actuels

« Lorsqu’on parle de sécurité et de bien-être, on fait souvent référence aux accidents de travail classiques sur lesquels nous avons peu d’impact », explique Pascal. « Or, il faut faire la transition car le monde a changé ».

« D’une part, nous devons davantage nous concentrer sur le trajet domicile-travail. C’est là que les accidents les plus graves se produisent dans notre économie tertiaire. »

« D’autre part, nous devons tenir compte du fait que les gens travaillent aujourd’hui à domicile. L’ergonomie et les aspects psychosociaux sont les défis de demain. Il est essentiel que les employeurs et leurs conseillers en prévention se forment suffisamment en la matière. »


voir plus large

« Par exemple, si un travailleur est victime d’un accident de vélo sur son trajet pour aller travailler, il est important de ne pas se focaliser sur ce cas spécifique. Pour trouver une solution, nous devons regarder de manière plus large et chercher des tendances qui révèlent des problèmes plus importants. »

« Ainsi, dans cet exemple, nous pouvons arriver à la conclusion qu’il y a un manque chronique d’entretien du vélo. Ce seul accident de vélo ne sera pas suffisant pour tirer cette conclusion: il faudra une analyse des données. Si vous veillez à ce que les vélos de vos travailleurs soient en bon état, vous améliorez non seulement la sécurité du travailleur cité dans l’exemple mais aussi celle de tous ceux qui viennent travailler en vélo. »

 

opter pour le numérique

« La digitalisation, voilà la clé », explique Pascal. « Aujourd’hui, l’accompagnement peut se faire à distance et les conseils en matière de sécurité peuvent se donner facilement via Whatsapp, par exemple. Si votre collaborateur est tombé dans les escaliers, inutile de voir l’escalier de vos propres yeux pour pouvoir formuler un conseil. Cela peut se faire via une photo ou une vidéo. »

« Cela s’applique d’ailleurs aussi à l’exemple de l’accident de vélo. Fini de se rendre sur le lieu de l’accident. La technologie peut aussi s’avérer utile pour résoudre un problème. Par exemple, nous pouvons laisser les collaborateurs utiliser une app qui indique le chemin le plus sûr pour un trajet en vélo, en évitant les carrefours trop fréquentés. Ou une app qui permet à vos travailleurs de réserver un entretien. »
 

zozitdat2_turqouise
zozitdat2_turqouise

investir dans la connaissance

« Autre point important: miser sur la connaissance », souligne Pascal. « Quand on considère le télétravail, on pourrait penser qu’il faut fournir une nouvelle chaise de bureau à chaque travailleur. Ce n’est pas forcément le cas. Il est beaucoup plus important que vos collaborateurs apprennent comment aménager au mieux leur espace de travail. Nous devons les accompagner et leur apprendre comment prendre leur propre bien-être en main. Nous pourrons ainsi nous assurer que nos employés sont résilients et autonomes. » 


de la parole aux actes

« Si vous montrez vous-même le bon exemple en tant qu’employeur, cela se répercutera automatiquement sur vos collaborateurs. »

« Avoir de solides normes et valeurs en tant qu’entreprise, ce n’est pas suffisant. En tant qu’employeur, vous devez également montrer l’exemple. Si le ‘respect pour tous’ figure en haut des valeurs de votre entreprise, vous ne pouvez pas tolérer des remarques désobligeantes au travail. Si vos actes ne reflètent vos paroles, cela finira par causer des problèmes. Et pas seulement au niveau du bien-être », poursuit Pascal.
 

choisissez la bonne personne de confiance

« Une personne de confiance est un atout indéniable en matière de bien-être. En tant qu’employeur, réfléchissez bien au profil de cette personne. Mieux vaut choisir quelqu’un qui possède la maturité nécessaire et qui a déjà de l’expérience. »


« Peu importe qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. De nos jours, on constate que la plupart des personnes de confiance sont des femmes mais je pense qu’ici aussi, nous pouvons trouver un équilibre

zozitdat3_turqouise
zozitdat3_turqouise

L’art consiste ici à assurer plus de sécurité sans interdire quoi que ce soit.

Pascal Meyns

assurer la sécurité mais rester vigilant

Le dernier conseil est peut-être le plus important. « Laissez vos collaborateurs prendre les rênes », explique Pascal. « L’art consiste ici à assurer plus de sécurité sans interdire quoi que ce soit. Si vous éliminez tous les dangers en interdisant tout, vos travailleurs finiront par ne plus penser par eux-mêmes. La sécurité devient alors une question d’obéissance, ce qui réduit la vigilance et entraîne donc plus de danger. » 

« Vos collaborateurs se sentiront également perdus s’ils se retrouvent dans une situation où ils doivent penser et agir par eux-mêmes. Si vous imposez moins de règles et de règlements, vous placez la responsabilité davantage sur vos collaborateurs, ce qui les maintient en alerte. Cela conduit non pas à suivre aveuglément les règles mais au contraire, à un cadre de travail plus sûr. 
Investir dans le bien-être est non seulement nécessaire mais cela rend également votre entreprise plus séduisante aux yeux des nouveaux talents. « Envie de gagner la guerre des talents ? Vous devez alors investir dans le bien-être », poursuit Pascal.