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Les rapports sur le marché du travail révèlent quelque chose de très singulier. Quiconque analyserait cette période dans un avenir lointain et consulterait les médias d’aujourd’hui aurait l’impression indubitable que les services publics pour l’emploi (VDAB, Actiris, Forem) dominent la scène. Sur la base de ces rapports, on n’aurait certainement pas l’impression qu’un nouveau modèle de marché du travail fonctionne depuis vingt ans. Un modèle impliquant à la fois des acteurs publics et privés (marchands et non marchands). Il s’agit d’un écosystème unique dans lequel les acteurs peuvent être à la fois complémentaires et concurrentiels, et dans certains cas, travailler ensemble. La Flandre a adapté son modèle de marché du travail il y a vingt ans. Le VDAB agit en tant que metteur en scène. Les opérateurs publics et privés mettent en œuvre cette politique (parallèlement ou non à leurs propres activités (sur le marché)). Mais il reste encore une faille dans le modèle. Le VDAB n’intervient pas seulement en tant que metteur en scène, mais aussi en tant qu’acteur. Lorsque le VDAB communique sur le marché du travail, il n’est pas toujours aisé de distinguer avec quelle casquette il le fait.


Il serait bon pour la transparence qu’il y ait une division plus claire au sein du VDAB entre les rôles de metteur en scène et d’acteur.


le travail intérimaire n’est pas relégué au passé par les nouveaux arrivants

Entre-temps, le côté privé du marché du travail continue de se développer. Après l’essor des agences d’intérim, de recrutement et de sélection dans la seconde moitié du XXe siècle, de nouveaux acteurs sont apparus au XXIe siècle et ont immédiatement marqué de leur empreinte le marché du travail. Des entreprises telles que Google et les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Twitter et, last but not least, LinkedIn, jouent déjà un rôle majeur sur le marché du travail. Ce qui est intéressant, c’est que l’émergence de ces nouveaux acteurs ne se fait pas au détriment des acteurs privés plus traditionnels. Il suffit d’examiner les évolutions dans le domaine du travail intérimaire pour s’en convaincre. En 2007, le travail intérimaire avait un taux de pénétration de 2,6 %. En raison de la crise financière, ce chiffre est passé sous la barre des 2 % en 2009 (1,93 %). La particularité est que dans les années suivantes, le travail intérimaire n’a pas réussi à revenir à son ancien niveau. En 2014, le taux de pénétration était de 2,37 %, ce qui reste bien inférieur au précédent niveau record de 2007. À l’époque, on se demandait si le travail intérimaire n’était pas en train de plafonner. 
En 2015, cette question a reçu une réponse claire. Le travail intérimaire a connu une nouvelle croissance très forte. L’ancien record de 2007 a finalement été battu (2,62 %). Et dans les années qui ont suivi, l’augmentation s’est poursuivie. En 2018, le travail intérimaire temporaire a dépassé pour la première fois les 3 %.


une énorme résilience pendant la crise du coronavirus

Cette évolution prouve que le travail intérimaire n’a pas fini de se développer. Il joue un rôle important sur le marché du travail et ce rôle ne cesse de s’accroître.  C’est également ce qui ressort très nettement de la crise du coronavirus. Lorsque la crise a éclaté au mois de mars, le travail intérimaire a été touché de plein fouet. Le chiffre d’affaires a baissé de plus de 40 %. Cela revient à près de 50 000 emplois supprimés. Mais le secteur s’est redressé tout aussi rapidement. Fin octobre, les trois quarts de la baisse avaient été comblés. 37 000 emplois ont revu le jour dans ce court laps de temps.  Ce phénomène a été si rapide que la plupart des observateurs ne l’ont même pas remarqué.


un levier pour contrer les turbulences du marché du travail

Mais c’est lorsque l’on pousse l’analyse au-delà des chiffres que cela devient vraiment intéressant. Avant tout, le travail intérimaire joue son rôle allocatif dans le contexte actuel de turbulences sur le marché du travail. Il recueille les travailleurs licenciés temporairement ou définitivement et les oriente vers des secteurs où la demande est forte (secteur de la santé, commerce de détail). C’est le seul secteur qui a réussi à transférer des travailleurs en chômage temporaire vers des emplois temporaires. 


Randstad a conclu plusieurs collaborations avec des entreprises à cet effet. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de cette initiative. Le travail intérimaire a également joué (et continue de jouer) un rôle très important dans le remplacement des travailleurs malades. Au mois d’octobre, le pourcentage de travailleurs malades est passé de 2,2 à 3,2 %, soit une augmentation de près de 50 %.  Une partie de cet absentéisme a pu être compensée par le recours à des intérimaires. Il est difficile d’imaginer quel aurait été le préjudice économique s’il n’avait pas été possible d’avoir recours au travail intérimaire.


investir dans l’employabilité des intérimaires

Randstad a également profité du chômage temporaire de masse (également parmi les intérimaires) pour mettre en place un nouveau système d’apprentissage tout au long de la vie. Les intérimaires au chômage ont désormais la possibilité de suivre des formations courtes et conviviales en ligne. Plusieurs milliers d’intérimaires ont déjà fait usage de cette possibilité. Nous en sommes ici au début d’une évolution très prometteuse.


Ce ne sont là que trois exemples du rôle important du travail intérimaire et des services connexes sur le marché du travail.  En cette époque de coronavirus, il n’a fait que gagner en importance.
 

à propos de l'auteur

Jan Denys

expert du marché du travail de randstad.