taux de succès plus élevé en cas de licenciement individuel
Selon les chiffres du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, plus de 8.400 travailleurs ont été touchés l’an dernier en Belgique par une procédure de licenciement collectif. C’est presque 4.000 de moins qu’en 2024, soit une baisse de près d’un tiers. Les données de Randstad Risesmart, leader du reclassement professionnel, révèlent pour leur part que la durée moyenne d’un parcours d’accompagnement fructueux – qu’il soit individuel ou collectif – s’est stabilisée à 133 jours (contre 135 en 2024).
Les données les plus récentes de Randstad Risesmart, qui a accompagné 4.264 participants en 2025, montrent que 80% des personnes ayant bénéficié d’un accompagnement d’outplacement ont réussi à retrouver un emploi durable. Cette proportion est plus élevée parmi les personnes touchées par un licenciement individuel que parmi celles ayant perdu leur emploi suite à un licenciement collectif ou à une faillite (83% vs 73%).
Le temps est un facteur de succès sous-estimé en matière d’outplacement. La législation lie la durée de l’accompagnement au type de licenciement. Le licenciement individuel donne droit à un an d’accompagnement ; en cas de licenciement collectif ou de faillite, celui-ci varie de 3 mois à un an, selon l’âge. Or, nous constatons dans la réalité que les candidats à qui l’on offre de l’espace pour un plus long trajet décrochent plus souvent un emploi qui leur convient réellement, y compris sur le long terme.
des différences claires selon le statut, le niveau de fonction, l’âge et le secteur
Bien que la durée d’un parcours d’accompagnement fructueux soit restée stable, il existe des disparités considérables selon le statut, le niveau de fonction, l’âge et le secteur. Ce sont les ouvriers qui ont remis le plus rapidement le pied à l’étrier sur le marché du travail, avec un délai moyen de 103 jours, tandis que pour les employés, ce délai variait de 126 à 174 jours selon le niveau de fonction. C’est pour les profils de direction que la recherche d’un nouveau poste prend généralement plus de temps, avec un délai moyen de 174 jours.
L’âge et la durée de la recherche continuent par ailleurs à présenter une corrélation directe. Plus on est jeune, plus on retrouve rapidement du travail. Si les moins de 30 ans ont retrouvé un emploi au bout de 72 jours en moyenne, ce délai atteignait 147 jours pour le groupe des 50-55 ans. C’est 3 jours de plus que parmi les plus de 55 ans (144 jours).
Il existe assurément des opportunités pour les personnes de plus de 50 ans, à condition de miser sur l’employabilité durable. Nous constatons que le délai est plus long pour les candidats ayant exercé la même fonction durant une grande partie de leur carrière sans autre formation. Investir dans l’agilité et les compétences pertinentes offre pourtant la meilleure garantie de succès : dès que ces acquis sont actualisées, nous observons dans ce groupe aussi un afflux fructueux et durable sur le marché du travail.
Au niveau sectoriel, c’est en production et en technique que le délai se révèle le plus court, la moyenne s’établissant à 124 jours. Ce chiffre marque toutefois un allongement par rapport à la moyenne des cinq dernières années (107 jours). À l'inverse, les secteurs de la finance et du marketing ont enregistré des délais de 173 et 182 jours, soit des durées considérablement supérieures à la moyenne nationale.
Bien que la durée de recherche ait légèrement diminué sur l’ensemble de 2025, passant de 135 jours en 2024 à 133 l’année suivante, nous constatons un net ralentissement en ce début de nouvelle année. Le marché du travail reste certes tendu, mais les entreprises sont prudentes : elles veulent aujourd’hui être certaines à 100% de la bonne adéquation, ce qui allonge le processus décisionnel. Les employeurs doivent néanmoins veiller à ne pas pénaliser leur propre attractivité : dans un environnement aussi compétitif, une hésitation prolongée peut faire perdre de précieux talents au profit de concurrents plus réactifs.