L’allocation de chômage de centaines de milliers de demandeurs d’emploi sera limitée à partir du 1er janvier 2026. Sans un accompagnement solide, il ne reste principalement qu’un bâton et à peine une carotte. L’accompagnement n’est pourtant pas un détail.
L’allocation de chômage de centaines de milliers de demandeurs d’emploi sera limitée à partir du 1er janvier. Ce changement de cap fondamental et nécessaire mérite d’être soutenu. Mais pour réussir, il doit aller de pair avec une politique d’activation renforcée qui accompagne effectivement les gens vers l’emploi.
Sans un accompagnement solide, il ne reste principalement qu’un bâton et à peine une carotte. L’activation n’est pas seulement une question d’incitations financières et d’échéances claires. Quiconque mise sur la responsabilisation doit également créer les conditions permettant d’assumer cette responsabilité.
L’accompagnement n’est pas un détail. Surtout ceux qui sont éloignés du marché du travail depuis longtemps ne sont pas confrontés à un seul problème, mais à de nombreux obstacles: problèmes de santé, isolement, compétences limitées, obstacles administratifs. Dans un tel contexte, la menace de perdre des droits ne fonctionne pas; un mélange de confiance, d’approche sur mesure et de suivi à long terme fonctionne. Les coachs sont essentiels à cet égard. Ils traduisent le vécu des demandeurs d’emploi en besoins du marché du travail et restent à bord lorsque les choses se compliquent.
L’activation n’est en effet pas une ligne droite: les bénéficiaires se heurtent à leurs limites, rechutent, puis reprennent leur parcours. Seul un parcours flexible permet une véritable réintégration. Tant les demandeurs d’emploi que les employeurs ont besoin de soutien. Surtout pour les profils vulnérables, il faut réduire les obstacles, avec un rôle clé pour les coachs, qui comblent le fossé entre les demandeurs d’emploi et les employeurs, et recherchent des solutions avec les partenaires sociaux.
C’est pourquoi nous devons renforcer ce qui fonctionne déjà: la collaboration entre partenaires publics et privés. Écarter cette dynamique serait une erreur..Aujourd’hui, nous voyons les responsabilités se décharger: les services régionaux (Forem, Actiris) renvoient aux CPAS locaux, qui, à leur tour, tirent la sonnette d’alarme concernant l’afflux imminent. Les petites communes manquent de profils spécialisés. Cette fragmentation a pour conséquence qu’un groupe croissant de personnes disparaît des radars. Sans responsabilité claire ni continuité, la réforme menace de n’être qu’un glissement de papier, sans résultat tangible sur le terrain.
Pourtant, la politique d’activation a progressé ces dernières années: elle est passée d’une approche standard à une approche plus personnalisée, du maternage à l’autonomisation (empowerment). Nous devons consolider ce mouvement. Investir dans les gens est rentable, et il est crucial de maintenir cet investissement même lorsque les allocations cessent. L’activation ne doit pas être un privilège réservé aux bénéficiaires d’une allocation, mais un droit pour tous ceux qui veulent participer.
Quiconque souhaite amener plus de personnes à un emploi durable ne peut se limiter à s’attaquer aux allocations. Nous avons prouvé, avec un résultat durable dans 65 à 70% des parcours de plus de 150.000 personnes issues de groupes défavorisés, qu’un accompagnement réussi existe, à condition de prévoir suffisamment d’espace, de temps et de confiance, sans réduire les gens à de simples dossiers ou périodes d’allocation. La réforme doit donc être plus qu’un simple exercice budgétaire. L’enjeu est d’établir une politique d’activation cohérente et inclusive, avec des moyens suffisants, une collaboration intelligente et une régie claire.