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Le Pr Bram Vanderborght mène des recherches au sein de BruBotics, le laboratoire de l'ULB spécialisé en robotique, sur la manière dont les robots et les humains pourront collaborer dans le futur. “Le cœur de l'industrie 5.0 naîtra de l'association entre la flexibilité des robots et la créativité de l'Homme.”

“Les robots apprennent facilement à réaliser des tâches répétitives, lourdes et souvent dangereuses, tandis que les humains excellent dans les travaux qui exigent de la dextérité et de la créativité. Ces qualités sont complémentaires. Ce n'est donc pas demain qu'un robot remplacera un plombier.”

 

L'expert en robotique Bram Vanderborght réfute les prévisions selon lesquelles les robots élimineront de nombreux emplois. “Cela dépendra en grande partie de la politique. Voulons-nous être au service de l'intelligence artificielle ou l'inverse? J'espère que nous continuerons à investir dans 'l'habilitation technologique' des enseignants et du personnel soignant. C'est préférable à leur remplacement par des robots. Mais je n'ai aucun problème à ce qu'un robot tonde mon gazon!” (Il rit.)

 

 

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Si nous réussissons à limiter le coût de la programmation des robots, l'automatisation nous permettra de concurrencer les pays à bas salaires.

mass customization

Si nous abordons la problématique de manière sensée, les robots nous aideront à rapatrier de nombreuses activités de production qui ont été délocalisées dans des pays à bas salaires. “En 2030, l'industrie 5.0 sera une réalité. Elle nous permettra de produire localement, sur mesure, et à grande échelle. On appelle cette tendance mass customization. La plaque tournante de cette industrie sera constituée de robots extrêmement flexibles alliés à la créativité humaine.”

 

Le spécialiste estime que l’artisanat retrouvera ses lettres de noblesse. “On peut comparer cette situation avec votre grand-mère qui vous tricotait un pull sur mesure. À la différence que l’artisan de demain collaborera avec des robots, l’IA et des imprimantes 3D afin d’augmenter sa productivité.”

Il existe déjà de beaux exemples de collaboration entre l’humain et les robots – la chirurgie robotique et les exosquelettes (robots qui renforcent la force musculaire) pour les ouvriers et le personnel soignant, notamment. On trouve aussi des robots “sociaux” dans les hôpitaux, comme le robot de soins Zora. “Cette machine programmée offre peu de flexibilité, cependant. On pourra parler de véritable progrès lorsque Zora déléguera des tâches ou donnera des indications aux résidents.”

 

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Les robots doivent aider les humains, pas les remplacer.

“Yes, excessive automation at Tesla was my mistake. Humans are underrated.” Même Elon Musk, l'emblématique patron de Tesla, a dû reconnaître cette année l'importance de l'humain dans une industrie de production de masse telle que l'assemblage automobile. “Tout tourne autour de la customisation de masse”, analyse le Pr Vanderborght. “Nous voulons tous une voiture, mais nous voulons aussi qu'elle soit personnalisée.”

 

artisan avec imprimante 3D

Le spécialiste estime que l'artisanat retrouvera ses lettres de noblesse. “On peut comparer cette situation avec votre grand-mère qui vous tricotait un pull sur mesure. À la différence que l'artisan de demain collaborera avec des robots, l'IA et des imprimantes 3D afin d'augmenter sa productivité.”

Il existe déjà de beaux exemples de collaboration entre l'humain et les robots – la chirurgie robotique et les exosquelettes (robots qui renforcent la force musculaire) pour les ouvriers et le personnel soignant, notamment. On trouve aussi des robots “sociaux” dans les hôpitaux, comme le robot de soins Zora. “Cette machine programmée offre peu de flexibilité, cependant. On pourra parler de véritable progrès lorsque Zora déléguera des tâches ou donnera des indications aux résidents.”

 

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Vous pouvez ‘former’ un robot de la même manière que vous apprenez à un enfant à rouler à vélo.

former les robots

Le développement des robots est passé à la vitesse supérieure, avec l’IA comme catalyseur. “Les robots apprennent de plus en plus vite, grâce au deep learning (algorithmes qui imitent le fonctionnement du cerveau humain, NDLR) et au reinforcement learning. Nous recherchons la façon dont les robots peuvent apprendre par eux-mêmes en interaction avec le monde réel. Un peu à la manière dont on apprend à un enfant à rouler à vélo. En les ‘récompensant’ en cas de succès, pour inciter les robots à répéter le geste correct.”

Une solution alternative aux programmations complexes est le programming by demonstration. “La programmation – toujours un travail complexe – représente le coût principal. Si nous pouvons le réduire, le travail fourni par les robots sera concurrentiel par rapport aux pays à bas salaires. Même si ces pays ne restent pas les bras croisés: la Chine se robotise à vitesse grand V et constitue déjà le principal marché pour les robots industriels, afin précisément de contrecarrer le rapatriement de certaines activités dans leur pays d’origine.”