entreprise de construction lutte contre la pénurie de main-d’œuvre.

À la suite de la raréfaction des terrains et de la volonté des autorités de mettre fin à la “bétonisation”, les entreprises de construction devront se concentrer à moyen terme sur les travaux de rénovation. Or, les talents disponibles sont très peu nombreux. “Vu la difficulté à trouver des candidats, nous avons décidé de lancer l’an prochain notre propre centre de formation”, dévoile Gaël Bruyneel, de l’entreprise de construction ostendaise Van Huele.

“Dans certains secteurs, il y a pléthore de bacheliers et de masters, tandis que la pénurie de couvreurs, d’électriciens et de maçons ne cesse d’augmenter.”  - Gaël Bruyneel, directeur financier et DRH chez Van Huele

L’an dernier, le secteur de la construction a créé 1.900 postes. Et cette tendance devrait se poursuivre au cours des années à venir, assure-t-on à la Confédération Construction. Le Bureau fédéral du Plan s’attend ainsi à ce que le secteur crée 24.000 d’emplois d’ici à 2023.

Derrière ces chiffres se cache un défi de taille: trouver les candidats compétents pour ces postes. À l’heure actuelle, le secteur compte de nombreux métiers en pénurie. La société ostendaise Van Huele, qui emploie 115 collaborateurs, en sait quelque chose.

“Nous peinons à trouver des collaborateurs spécialisés dans la rénovation”, confirme Gaël Bruyneel, directeur financier et DRH de Van Huele. “Ces profils sont très importants, car le secteur évolue dans ce sens. La situation s’explique surtout par le grand nombre d’immeubles à appartements devant être rénovés, et par la raréfaction des terrains à bâtir.”

 

métiers en pénurie

La société de construction a tenté de trouver une solution en nouant des contacts avec des écoles professionnelles et avec le VDAB, l’équivalent flamand du Forem et d’Actiris. “Ce problème de pénurie ne peut être résolu qu’en créant une offre de formation adéquate et en augmentant l’attractivité du secteur pour les jeunes”, estime Gaël Bruyneel.

Pour Van Huele, le besoin de main-d’œuvre est devenu problématique au point que l’entreprise a décidé de créer son propre centre de formation. “Ce centre sera installé dans nos bâtiments actuels dès que nous aurons déménagé dans nos nouveaux locaux”, poursuit Gaël Bruyneel. Van Huele y formera des étudiants aux techniques de rénovation et aux travaux d’ingénierie hydraulique, pour le remplacement ou la rénovation des jetées, des portes d’écluse et des zones de promenade autour des plans d’eau. “Tous ces métiers manquent aujourd’hui de travailleurs.”

Gaël Bruyneel espère que d’autres sociétés de construction lui emboîteront le pas. “Nous ne réussirons à combler cette carence qu’en prenant nous-mêmes les choses en main. Dans certains secteurs, il y aura bientôt pléthore de bacheliers et de masters, alors que la pénurie de couvreurs, d’électriciens et de maçons ne cesse de s’intensifier.”

 

nouvelles compétences

Un autre enjeu s’ajoute à celui de la pénurie de talents: le facteur temps. Les chantiers doivent être terminés de plus en plus vite, ce qui implique le recours à d’autres techniques de construction et de nouvelles compétences.

“Nous travaillons de façon croissante avec des éléments préfabriqués, qui peuvent être montés plus rapidement”, illustre Gaël Bruyneel. “L’avantage, c’est qu’il y a moins de travaux de maçonnerie – les maçons et manœuvres ne font donc plus défaut. Ceci étant, on attend désormais des maçons qu’ils soient également capables de réaliser des coffrages, de conduire une grue… Tout comme les autres secteurs, celui de la construction exige davantage de flexibilité. Les tâches deviennent réellement multidisciplinaires.”

Pour que les collaborateurs puissent exercer leur profession jusqu’à l’âge de 65 ans (voire plus), Van Huele examine les solutions permettant d’améliorer l’ergonomie des chantiers. “Nous pensons à maximiser l’utilisation d’engins de levage compacts, par exemple.”

 

compétences numériques

En raison de l’utilisation des nouvelles technologies, les travailleurs de la construction ont dorénavant l’obligation de disposer de compétences numériques. “Lire un plan sur une tablette, encoder des données via des apps, consulter des instructions en ligne: ils doivent avoir un minimum de connaissances dans les nouvelles technologies”, appuie Gaël Bruyneel.

Le secteur ne devrait pas évoluer radicalement en se robotisant ou en s’automatisant à l’extrême au cours des prochaines années.

“La technologie 3D et l’automatisation du métier de maçon ne présentent d’intérêt que pour les grands projets de construction. Avec la demande croissante de flexibilité et de travail sur mesure, les collaborateurs en chair et en os restent incontournables.”