le véhicule de société cherche le juste milieu.

Le 1er mars, le budget mobilité tant attendu est entré en vigueur. Grâce à ce nouveau système, les travailleurs peuvent échanger leur véhicule de société contre une variante ou une alternative écologique (vélo, transports publics). Sur la base de la première analyse et des réactions des collègues C&B, Luc Steensels, director compensation & benefits de Randstad Group, et Geert Vanherwegen, director personnel administration de Randstad Group, concluent que ces nouvelles possibilités n'attirent pas encore les foules.

Le nouveau système offre aux travailleurs disposant d'un véhicule de société la possibilité de convertir ce véhicule en budget mobilité. Avec ce budget, le collaborateur peut alors opter pour une combinaison de moyens de transport respectueux de l'environnement. Le travailleur peut, par exemple, échanger son véhicule contre un modèle plus propre ou électrique. Il peut toutefois opter également pour des combinaisons avec les transports publics, les voitures partagées, le vélo, etc.

 

engouement modéré

Le budget mobilité n'est toutefois pas une obligation. Une entreprise peut choisir de l'offrir ou non et le travailleur peut choisir d’y adhérer ou non. Un mois après le lancement de ce système, Geert Vanherwegen, director personnel administration Randstad Group, observe que les travailleurs optant pour le budget mobilité restent peu nombreux. « Pour l'instant, nous n’observons pas un grand engouement, et ce pour différentes raisons. Bien sûr, le système n'est disponible que depuis un mois, mais à cela s'ajoute un manque de clarté quant à l'application administrative correcte. »

 

leasings onéreux

Ce doute n'est toutefois certainement pas le seul élément qui explique cette retenue. « Je pense que l’objectif poursuivi par le budget mobilité est judicieux », déclare Geert Vanherwegen. « Le système entend retirer les véhicules de société de la circulation ou, à tout le moins, les remplacer par des voitures moins énergivores et plus respectueuses de l'environnement. Toutefois, seuls 2,6 % du parc automobile relèvent de cette qualification dans la nouvelle législation. Le leasing de voitures électriques est également plus cher et il est donc difficile pour l'entreprise de proposer ces voitures pour le même budget. »

 

solde restant

Par ailleurs, Geert Vanherwegen observe un problème dans la conception du solde restant. Il s'agit de la partie restante du budget que l'employeur peut recevoir en espèces à la fin de l'année civile. L'employeur peut payer ce solde restant d'une manière avantageuse sur le plan fiscal.

« Cette conception est complexe et étant donné qu’il s'agit d'un solde restant, il est à craindre que, pour beaucoup, le jeu n’en vaille pas la chandelle », explique Geert Vanherwegen. « Nous soutenons l'idée d'élargir l'éventail des possibilités de mobilité, mais pour les raisons que nous venons d'évoquer, nous attendons la mise en œuvre du budget mobilité en tant qu’instrument juridique. »

 

flexplan

Randstad Group introduira cet automne un plan salarial flexible. « Aujourd'hui, un package salarial collectif élargi peut encore être considéré comme une uniformisation », explique Luc Steensels, director compensation & benefits de Randstad Group.

« Dans le cadre des contours légaux, nous voulons permettre à nos collaborateurs d'opérer des choix, et la mobilité en fait partie. Nous continuerons de proposer la voiture-salaire, mais les travailleurs peuvent aussi opter pour le vélo ou les transports en commun. Ou pour une voiture plus petite et un salaire plus élevé. »

 

salaire contre voiture

Depuis 2013, Randstad propose à ses collaborateurs qui n'ont pas droit à un véhicule de société de choisir malgré tout une voiture en échange d'une partie de leur salaire. Six ans plus tard, Luc Steensels constate que ce choix reste très populaire, mais aussi que le contexte a changé. « Nous sommes une organisation commerciale et nous voulons que nos collaborateurs fassent autant de prospection et de suivi que possible. Le véhicule de société avait un objectif stratégique. La génération actuelle est toutefois moins attachée à la voiture. C’est précisément pour cela que le flexplan est une meilleure solution. »

 

empreinte écologique

« Dans ce contexte, nous envisageons les voitures électriques avec un réel intérêt », ajoute Geert Vanherwegen. « Le prix de leur leasing reste toutefois trop élevé. Dès qu’elles rentreront dans les possibilités, nous les inclurons dans notre parc automobile. Cela ne nous empêche pas d'opter aujourd'hui déjà pour des véhicules à faibles émissions afin de réduire l'empreinte écologique de notre entreprise. »

 

le juste milieu

« En dix ans, la perception des véhicules de société a considérablement changé », souligne Luc Steensels. « À la fin de la dernière décennie, le véhicule de société était encore la vache sacrée des conditions de travail. On observait clairement que le véhicule de société augmentait la rétention. Aujourd'hui, le véhicule de société est sous le feu des critiques à cause de la question climatique. D'autre part, le véhicule de société reste une source importante de recettes publiques. Nous cherchons le juste milieu: une mobilité accessible et respectueuse de l'environnement pour tous les collaborateurs et la présence permanente de notre organisation agile et combative dans la communauté économique. »

« C’est exact », déclare Geert Vanherwegen. « Sous l’impulsion de l'évolution sociale, de nouvelles possibilités émergent, comme le budget mobilité. Certes, c'est intéressant, mais nous attendons que la législation gagne en maturité afin de pouvoir l’intégrer ensuite, si possible, dans notre propre flexplan. »

« Le budget mobilité est certes intéressant, mais nous attendons que la législation gagne en maturité afin de pouvoir l’intégrer ensuite, si possible, dans notre propre flexplan. »