une publication furieuse à propos de votre patron? Attention aux conséquences.

Les réseaux sociaux représentent des canaux importants, surtout en cette période de distanciation sociale. Vous en oublieriez parfois que tout le monde peut lire vos publications, y compris votre employeur. Que vaut-il mieux éviter sur les réseaux sociaux? Et quelles sont les éventuelles sanctions si vous allez trop loin malgré tout? Randstad a demandé conseil à l'avocat Filip Tilleman.

Quel conseil donneriez-vous en général?

« Sachez que tout ce que vous partagez sur les réseaux sociaux peut être utilisé contre vous! »

 

Devons-nous être plus prudents sur les réseaux sociaux?

« Les réseaux sociaux sont bien plus vastes que le cercle fermé de la famille ou des amis. Vos publications ne sont jamais uniquement destinées à vos amis, même si votre profil est protégé ou s'il s'agit de messages privés envoyés par SMS ou sur WhatsApp. Quelqu'un peut transférer votre message et ainsi le rendre public. C'est pourquoi je conseille de toujours se demander avant d'envoyer un message: que se passerait-il si mon employeur voyait ça? »

 

Qu'est-ce qui est interdit?

« Fustiger votre patron sur Facebook peut constituer un motif fondé de licenciement. Cela revient à peu près à envoyer un courriel direct. Peu importe comment votre employeur le découvre, que ce soit parce que votre profil est public ou parce que l'un de vos collègues lui transfère le message. L'un des piliers du droit du travail est qu'en tant que salarié, vous devez faire preuve de respect envers votre employeur. »

 

Que vaut-il mieux éviter?

« Partager ou diffuser sur les réseaux sociaux des opinions extrêmes peut également suffire pour que votre employeur vous licencie. Cela peut être considéré comme une faute professionnelle. Un homme qui a récemment été licencié par son employeur pour avoir aimé et partagé des publications antisémites sur Facebook et qui a contesté son licenciement devant un juge a été débouté. C'est surtout le cas s'il y a un lien direct avec la fonction exercée. Un représentant qui se déplace peut insulter ou effrayer les clients à cause de certaines opinions extrêmes. Cela pèsera moins dans la balance pour un magasinier qui travaille uniquement à l'intérieur. »

 

D'autres exemples pratiques?

« Abstenez-vous évidemment de diffuser des informations confidentielles sur une entreprise. Cela n'est pas toujours fait avec malveillance, mais souvent par négligence. Même en cas d'absence pour cause de maladie, Facebook peut venir jouer les trouble-fêtes si des photos publiées en ligne montrent que le salarié est en parfaite santé… »

 

Y a-t-il une différence entre publier un message ou simplement l'aimer?

« Cela revient au même, car vous exprimez ainsi une opinion extrême ou offensante en public. Point. En pratique, un employeur ou juge vous sanctionnera plus sévèrement si vous avez écrit un message vous-même et êtes considéré comme son auteur que si vous avez aimé ou partagé les idées d'autres personnes. »


Les réseaux sociaux ont sans aucun doute leurs avantages, y compris dans la vie professionnelle. Mais ils sont aussi associés à de sérieux écueils. En effet, nous pensons que ce sont des canaux privés, mais c'est une grosse erreur! Ce que nous publions sur les réseaux sociaux peut être transféré et ainsi devenir public. Fustiger votre patron sur Facebook, révéler des secrets d'entreprise sur LinkedIn, publier des photos de voyage pendant un congé de maladie ou harceler vos collègues par SMS: tous ces motifs sont recevables en cas de licenciement.

Vous voulez en savoir plus sur le droit du travail en pratique?

 


Randstad a demandé plus d’explications à l’avocat Filip Tilleman sur les risques que représentent les réseaux sociaux dans les relations professionnelles. Tilleman est l’auteur duGuide pratique du Travail de Randstad: tout ce que les employeurs et les salariés doivent savoir sur la législation et la réglementation relatives au marché du travail belge.