mentir pendant la procédure de recrutement: où se situe la limite?

Nous voulons tous paraître sous notre meilleur jour pendant un entretien d'embauche. Mais jusqu’où peut-on aller? Quand le fait d’enjoliver la réalité devient un mensonge? Et quelles sont les sanctions possibles si vous mentez pendant la procédure de recrutement?

mensonges fréquemment utilisés lors d'une procédure de recrutement

  • « J’ai terminé des études d’ingénieur commercial » (réalité: diplôme non obtenu)
  • « J’étais à la recherche d'un nouveau défi » (réalité: licencié par l’employeur précédent)
  • « Je gagnais plus chez mon employeur » (réalité: le salaire était 20 % inférieur).
  • « Je parle trois langues couramment » (réalité: connaissance de base de deux autres langues).
  • « J’avais une voiture de société » (réalité: uniquement droit à une indemnité kilométrique).

définition d'un mensonge

  • Fournir délibérément des informations incorrectes ou trompeuses lors de la procédure de recrutement (un faux diplôme).
  • Dissimuler délibérément des informations (un chauffeur de taxi qui dissimule une déchéance du droit de conduire).

Ce type de tromperie peut assurément conduire à la nullité du contrat de travail. Et un licenciement pour motif grave est dès lors une sanction possible. Même si la tromperie n'est découverte que bien des années plus tard.


la charge de la preuve incombe à l'employeur

  • Il appartient à l'employeur de démontrer que le contrat de travail n'aurait jamais été conclu si les faits avaient été connus au moment de la procédure de recrutement.
  • De plus, l’employeur doit démontrer qu'il n'était pas possible à l'époque d'établir que le candidat mentait.
  • Les documents dans lesquels les fausses informations ont été mentionnées (comme le CV ou la lettre de motivation) peuvent servir de preuve.

la vie privée est une exception pendant la procédure de recrutement

  • Un travailleur a le droit de ne pas divulguer des informations sur sa vie privée et donc de ne pas répondre à ce genre de questions: « Vous préférez les hommes? », « Vous faites le ramadan? », « Vous votez pour les bon? » ou « Vous voulez encore des enfant? »
  • L’employeur peut uniquement poser ces questions lors du recrutement si elles sont pertinentes pour la fonction (par exemple, demander sa préférence politique à un journaliste).
  • Dans la pratique toutefois, il s’agit généralement d'une pure question de fait qui est difficile à prouver.

 

Le contrat de travail est basé sur une relation de confiance entre le travailleur et l'employeur dans laquelle la tricherie n'a pas sa place. En tant que candidat, il est donc préférable d'appliquer l'adage « l’honnêteté finit toujours par payer ». Sachez également que communiquer honnêtement sur qui vous êtes et quelles sont vos compétences et vos ambitions est le meilleur moyen de vous retrouver sur un lieu de travail qui vous convient vraiment.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur les aspects du recrutement liés au droit du travai?


Randstad a demandé plus d’explications à l'avocat Filip Tilleman sur les conséquences d'un mensonge pendant la procédure de recrutement. F. Tilleman est l’auteur du Guide pratique du Travail de Randstad: tout ce que les employeurs et les salariés doivent savoir sur la législation et la réglementation relatives au marché du travail belge.