que fera un ouvrier en 2030?

Patrick Slaets est Chief Data Analyst chez Agoria, la fédération des entreprises technologiques. À ce titre, il a notamment participé à l’étude Shaping the Future of Work. “Exécuter, oui, mais surtout réfléchir: tel est le futur du collaborateur de production.”

“Les ouvriers qui travaillent dans la production auront besoin de compétences accrues en 2030”, prédit Patrick Slaets. “Les robots prendront en charge les tâches répétitives, non le travail de réflexion. Celui-ci restera réservé à l’ouvrier et ira plus loin qu’aujourd’hui sous l’effet de la numérisation des entreprises.”

 

feed-back de l’opérateur

Un exemple: “Un ouvrier dans une entreprise métallurgique travaille avec des machines de haute technologie. Il les commande à l’aide d’un ordinateur ou d’une tablette, qui l’informe en permanence des performances du parc de machines.”

“Malgré la numérisation, le cerveau humain reste le principal atout des entreprises.”

Si les ingénieurs et les designers veulent continuer d’améliorer ces machines, ils auront besoin du retour d’expérience des opérateurs qui les utilisent chaque jour. “La communication devient une compétence cruciale pour les collaborateurs de la production. Ils ne doivent pas devenir des experts en intelligence artificielle, mais comprendre comment fonctionne la technologie avec laquelle ils collaborent.”

Patrick Slaets est confiant: nos entreprises ne laisseront pas passer ce train. “Les employeurs et les pouvoirs publics ont parfaitement conscience de l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie. Ceux qui sortent de l’école sont prêts pour le début mais pas pour la totalité de leur carrière. Chacun devra apprendre toute sa vie. Malgré l’automatisation et la numérisation, le cerveau humain demeure le principal atout de nos entreprises.”

 

des cobots aident les plus de 50 ans

“Le pur assemblage, le véritable travail à la chaîne, constitue peut-être une exception. Les chaînes de montage sont devenues de véritables plans IKEA numériques. Elles ne nécessitent pas d’ouvriers qualifiés. Mais elles peuvent accueillir de nouveaux arrivants sur le marché du travail, y compris des personnes à la maîtrise du français limitée. En outre, les besoins de force physique diminuent. Des cobots (collaborative robots) peuvent apporter leur aide dans le montage, ce qui met ce type d’activité à la portée des femmes et des plus de 50 ans, par exemple.”

 

travail faisable

“En réalité, tout le monde devra absolument accumuler le plus grand nombre de compétences numériques possible. Les tablettes et autres applications permettent de rester à la page et de se former en continu. Je remarque que cette mentalité existe déjà, même si nous pourrions faire encore mieux en termes de productivité. Surtout en comparaison avec la Scandinavie et le monde anglo-saxon.”

La formation continue comporte d’ailleurs des avantages, affirme Patrick Slaets.

“Davantage de flexibilité, tant pour les travailleurs que pour les employeurs. Un travail à l’échelle humaine, un travail faisable, la possibilité d’exécuter ses tâches à son propre rythme, etc.”