la diversité des genres : favorable aux femmes, mais aussi aux performances des entreprises ?

Une loi belge relative aux quotas de genre et répartissant les postes de direction de façon plus équilibrée entre hommes et femmes est-elle une bonne chose ? Oui, selon la professeure Zanoni de l'UHasselt. « La loi sur les quotas permet une redistribution des postes de direction et renforce la liberté de choix des femmes. La diversité des genres s’avère en outre non seulement positive à l'égard des chances des femmes mais aussi des performances des entreprises. »

effets attendus de la loi relative aux quotas de genre

 

« La diversité des genres au sein des conseils d'administration favorise les carrières des femmes à tous les niveaux de l'organisation. »

Y a-t-il un rapport entre le succès d'une entreprise et la présence de femmes à sa tête ? Il est difficile de répondre à cette question, admet la professeure Zanoni de l'UHasselt. « Une étude démontre que les entreprises appliquant une répartition équilibrée entre hommes et femmes au niveau de la direction de l’entreprise obtiennent de meilleurs résultats mais cette relation de causalité n’est pas toujours considérée comme pertinente ».

« Les performances des entreprises sont influencées par divers facteurs, notamment la conjoncture et le secteur d’activités. Et il s’avère donc particulièrement difficile de mesurer distinctement l’influence de chaque facteur. Il convient d’ajouter que les entreprises à succès sont souvent pionnières en matière de gestion plus progressiste, ce qui incite à se demander si la diversité des genres constitue la cause ou plutôt la conséquence du succès d’une entreprise ».

 

un avantage compétitif

Une étude portant sur les individus relevant de groupes démographiques minoritaires et occupant une position dirigeante révèle que les femmes accèdent plus souvent aux positions dirigeantes dans les périodes de crise. « C’est-à-dire lorsque le risque d’échec est le plus élevé », ajoute le professeur Zanoni. « Les postes à responsabilités s’ouvrent tout à coup aux femmes dans les entreprises au bord de la faillite ou traversant une période de fortes turbulences. Il existe bien entendu aussi des entreprises optant de façon délibérée pour un conseil d’administration équilibré en termes de genre car elles considèrent qu’il s’agit là d’un avantage compétitif. Mais il s’agit encore et toujours d’une minorité d’entreprises ». 

L’enquête « Opening the black box ». Une analyse du fonctionnement des conseils d’administration en fonction du nombre d’administrateurs masculins et féminins a été financée par le « Steunpunt Gelijkekansenbeleid ». Cette enquête repose sur une vaste étude bibliographique ainsi qu’une étude empirique qualitative. Ses auteurs ont à la fois interrogé des membres masculins et féminins des conseils d’administration d’entreprises belges cotées en bourse.


au minimum 3 femmes

« La diversité des genres au sein des conseils d’administration n’a un impact positif qu’en présence d’une masse critique », ajoute le professeur Zanoni. « La littérature nous apprend qu’il faut au minimum trois femmes dans un conseil d’administration pour faire la différence. Les femmes peuvent ainsi surmonter les stéréotypes et le préjugé voulant qu’elles ne soient qu’un « simple jeton ». La loi belge sur les quotas de genre, qui impose au minimum un tiers de membres féminins dans un conseil d’administration, tient compte de ce critère ».

 

quels sont les effets à long terme de la loi sur les quotas ?

« Certaines études démontrent par ailleurs que les membres féminins d’un conseil d’administration accordent davantage d’importance aux aspects relationnels et affichent un comportement décisionnel moins risqué que les hommes. On s’attend à ce qu’un meilleur équilibre hommes-femmes au sommet d’une entreprise accentue l’attention portée à une gestion de qualité. Il s’agissait d’ailleurs là de l’un des objectifs du législateur. Ajoutons enfin que les entreprises obtenant de bons scores en termes d’égalité des chances peuvent inciter d’autres entreprises à nommer davantage de femmes au sein de leur propre conseil d’administration. À terme, cette loi pourrait donc avoir un impact nettement plus large. Une évaluation est prévue en 2023 ».


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