en première ligne face au Covid-19!

Elle fait partie de ce bataillon que nous applaudissons tous les soirs sur le coup de 20 heures. Mais la plupart d’entre nous ne sait pas vraiment ce que représente un lutte corps à corps face au Covid-19. Et cœur-à-cœur avec des patients en demande et un entourage admiratif, mais inquiet, au quotidien. Nous avons bavardé quelques instants avec Salimatou, infirmière de nuit en première ligne depuis un mois à l’hôpital Brugmann, où elle occupe désormais un poste fixe grâce à Randstad Medical. Après des études d’infirmières qui l’ont menée dans plusieurs hôpitaux du pays.

commencer sa journée sous les applaudissements!

« Comme je commence donc mon service en début de soirée, je vais souvent travailler sous les applaudissements. Certaines personnes ont même pris l’habitude de me féliciter personnellement quand je passe devant chez elles. Ces gens ne se rendent pas compte à quel point ces petits gestes nous font du bien. »

 

un risque mais un honneur et une expérience humainement très riche

« Le risque est bien là, c’est une certitude. Mais nous nous sommes adaptés au fur-et-à-mesure que les jours passent. En temps normal, je suis seule la nuit. Là, nous sommes six, ce qui renforce bien entendu les liens dans l’équipe. D’habitude, on se croise en vitesse et c’est tout. Ici, c’est très différent. Et puis, face à une pandémie de cette ampleur, je dirais que c’est un honneur de servir et de lutter contre ce mal. »

infirmière, mais aussi psychologue

« Si ce travail est dur pour le personnel soignant, cette situation s’avère aussi très difficile pour les patients isolés, qui n’ont ni visite ni nouvelles de leurs proches. Certains en pleurent. Il faut alors les réconforter, les rassurer… c’est devenu partie intégrante du quotidien des infirmières. Nous devons être à l’écoute des patients et de leurs familles ! »


le plus difficile: le début!

« Les premiers jours ont été particulièrement éprouvants. Parce que nous ne traitions que des cas dits de « suspicion », c’est-à-dire des gens qui étaient peut-être malades, mais dont on n’en était pas certain. Cela créait un climat très tendu au sein du service. »


dur de parfois penser à autre chose

« Depuis un bon mois que je suis au front, j’ai bien entendu traversé des moments très difficiles. C’est incroyablement dur de côtoyer un patient, qui décède quelques heures plus tard. Là, même si je suis bien entendu très affectée, j’essaie toujours de faire la part des choses. Je me dis que l‘on a tout tenté pour le sauver. De retour à la maison, c’est forcément très dur de penser à autre chose. J’essaie de ne pas revivre ma journée, et de ne pas la faire revivre à mes proches. Même si, bien évidemment, tout cela vous reste en tête. »


ma santé et celle de mes proches

« J’ai aussi une famille, dont de jeunes enfants et un petit de deux ans, mais j’essaie de ne pas trop penser au fait que je pourrais tomber malade. Mon expérience m’a bien entendu aidée à acquérir les bons réflexes. J’ai, par exemple, réservé certains de mes vêtements uniquement pour le travail. Je ne les porte jamais à la maison. Je voudrais donc véhiculer un message de prudence et d’amour : restez chez vous et prenez soin de vos proches ! »