la plupart des étudiants sont optimistes quant à leurs chances de décrocher un emploi

Trouver rapidement un travail après ses études? Il ne faut pas y compter, pensent plus de la moitié des participants à l’étude de Randstad "Les étudiants au travail". Cette enquête sonde les expériences et attentes de 1.000 étudiants en Belgique. Ses conclusions? L’étudiant est zélé et économe. Et il préfère l’argent au contenu de la fonction. Choquant? Non. Mais une occasion manquée, tant pour l’étudiant que pour l’employeur.

 

Cet été, 450.000 jeunes vous serviront avec le sourire sur une terrasse, à la caisse ou en crèche. C’est un record. Ajoutez-y les milliers de jeunes qui travaillent également pendant l’année scolaire, et vous obtenez un demi-million d’étudiants jobistes. Randstad en analyse les heurs et malheurs depuis 2004.

un job rapidement

Les étudiants évaluent en général positivement leur potentiel sur le marché de l’emploi. Plus de la moitié d’entre eux pensent pouvoir décrocher un job dans les trois mois après la fin de leurs études. Une petite minorité (4%) nourrit en revanche de sérieux doutes et craint que ses recherches durent plus d’un an. Les jeunes établissent – à raison – un lien entre les chances de succès et le niveau de formation. Le titulaire d’un diplôme de master a deux fois plus de chances de trouver un emploi que le détenteur d’un diplôme technique ou professionnel, estiment-ils.

Quels sont les principaux obstacles? Le manque d’expérience constitue un handicap pour deux tiers des étudiants interrogés. Étonnant: les filles s’en préoccupent davantage que les garçons. Les incertitudes économiques sont également un problème. Et un tiers des étudiants interrogés redoutent que le décalage entre formation et vie professionnelle réduisent leurs chances de décrocher un emploi.

En revanche, les reportages catastrophistes sur les robots et ordinateurs qui permettraient de se passer de main-d’œuvre n’inquiètent pas outre mesure les étudiants. Même s’ils sont 30% à craindre que la technologie affaiblisse leurs chances de trouver un emploi. Moins ils sont qualifiés, plus les étudiants se sentent menacés.

occasion manquée

Sept étudiants sur dix ont un job d’étudiant, durant l’été ou toute l’année. Ils travaillent en moyenne 43 jours par an, et leur job leur rapporte 2.030 euros. Ils versent un quart de ce montant sur un compte d’épargne, le reste partant en voyages, frais de véhicule, sorties et études.

L’argent est le véritable objectif de l’étudiant jobiste. Le salaire est en effet son critère numéro un dans le choix de l’activité. L’expérience professionnelle et les perspectives que peut offrir le poste en question ne jouent pratiquement aucun rôle. Pas plus que le contenu de la fonction, d’ailleurs: 60% des participants à l’enquête ne choisissent pas leur job d’étudiant en fonction de leurs études. L’argent, l’ambiance et le caractère du patron sont nettement plus importants à leurs yeux.

Et c’est une occasion manquée. Car les jeunes qui peuvent présenter plus tard une expérience pertinente auront une longueur d’avance sur le marché du travail. Ils ont donc tout intérêt à étendre leurs horizons.

filière de recrutement flexible

Les entreprises elles aussi ont beaucoup à y gagner. Les jobs étudiants sont en effet un canal flexible et efficace pour attirer le travailleur de talent, l’évaluer et l’encourager à mener chez elles sa future carrière.

Les étudiants sont d’ailleurs très loyaux: plus de 80% d’entre eux désirent continuer à travailler comme étudiants auprès du même employeur. Ils sont toutefois moins d’un quart à se voir poursuivre leur carrière pour la même entreprise après leurs études. Il est temps de mettre en œuvre une grande opération de relations publiques à destination des jeunes!

Pour autant, ceux qui pensent que la jeunesse ne s’intéresse qu’à l’argent ont tort: quelque 30% des étudiants font également du bénévolat. Et ce, alors que le nombre d’étudiants qui travaillent aussi pendant l’année scolaire est en forte hausse. L’étudiant a donc du cœur. Au point d’être naïf? Non, plus depuis longtemps.


Vous souhaitez en savoir plus? Téléchargez le rapport de Randstad "Les étudiants au travail"